SCHNEIDER, les réserves sont dans les cours mais pas les promesses…
1 décembre 2006 Les fondamentaux.
La place financière est partagée. D’une part, Schneider Electric évolue dans un environnement favorable et annonce d’excellents résultats pour le premier semestre : une hausse de 22% dont la moitié en interne des ventes, une progression de 40% du résultat d’exploitation et de 46% du bénéfice net. En conséquence, la rentabilité opérationnelle atteint un niveau historiquement élevé à 14,3%. La réorganisation autour de sept divisions du nouveau président du Directoire, Jean-Pascal Tricoire, l’orientation du leader mondial de la distribution électrique et des automatismes vers des produits de moins en moins banalisés afin d’améliorer sa compétitivité grâce à un renforcement des efforts de Recherche et Développement portent leurs fruits et présagent un futur prometteur. C’est ainsi que le groupe a inauguré fin 2004 un centre de recherche à Bangalore, dans la Silicone Valley indienne, un autre quelque mois plus tard à Shangaï, et vient de regrouper ses chercheurs en France dans un nouveau centre à Grenoble appelé Electropole. Tout un programme en soi. D’autant que désormais les chercheurs seront intéressés aux brevets déposés mais également mis en œuvre.
D’autre part, le groupe, qui dispose de plus de 2 milliards d’euros pour réaliser des acquisitions, est à l’affût de toutes les opportunités qui se présentent sur le marché et vient de réaliser coup sur coup plusieurs opérations dont certaines, et pas les plus petites hélas, au prix fort. C’est ainsi qu’après le rachat du britannique GET (120 M€ de chiffre d’affaires), du français Napac (6 M€ de ventes), l’autrichien Va Tech Elin EBG Elektronic (34 M€ de chiffre d’affaires), Schneider Electric vient de lancer une offre amicale sur l’américain American Power Conversion-APC payée un prix jugé excessif par la plupart des analystes. Cette acquisition de poids (avec 2,25 milliards de dollars de chiffre d’affaires, APC représentera 13% des ventes consolidées) revient à 5,5 milliards de dollars, soit environ 35 fois le résultat d’exploitation 2006. Certes, le dynamisme du marché de l’énergie sécurisée, le domaine d’APC, son positionnement de leader mondial comme la complémentarité géographique des deux entreprises et les marges très proches de celles du prédateur, justifient une prime. Mais le différentiel (Schneider Electric se paie sur la base de 11 fois le résultat d’exploitation) fait que l’opération ne sera relutive qu’en 2008.
Aussi, les spécialistes de la valeur ont revu à la baisse leur objectif de cours. Un consensus se dessine actuellement autour de 96€, permettant de recommander l’achat de la valeur.
Les cycles planétaires et le comportement boursier.
Nous avons acquis le titre à 82,50€ le 20 nov.‑06 alors qu’il baissait car nous envisagions une reprise de fin nov.-06 à la 1ère semaine de déc.-06 voir la 1ère quinzaine. Nous verrons alors si nous pouvons prendre une partie de nos bénéfices car la valeur nous semble moins soutenue sur la fin du mois.
Nous conseillons, pour les plus prudents, de mettre un stop sur le solde de sa position.
Une reprise pourrait se dessiner début janvier 07. mais ensuite, surtout à partir de la 3ème semaine de janvier, Schneider risque à nouveau d’être soumis aux humeurs du Cac. Février 07 ne nous semble pas non plus de bonne augure pour la plupart des valeurs de la cote et Schneider ne devrait pas résister aux pressions générales. Un rebond significatif se manifestera la 2ème quinzaine de mai 07. Mais d’ici-là nous aurons eu le temps d’ajuster notre stratégie.